Azrowadôme
Tafraout
Le lieu et l’homme
Celle d’un homme parti très loin, et revenu bâtir dans son village un lieu ouvert au monde entier.
Le nom
Azrowadôme tient son nom de deux mots simples : « Azrou », le rocher en amazigh, et « dôme ». Une pierre solide qui soutient une voûte, à l’image d’un lieu qui accueille et protège celles et ceux qui y entrent.
Le dôme n’est pas là par hasard. Il fait écho au Dôme du Rocher de Jérusalem, une terre où des cultures et des croyances différentes ont longtemps vécu côte à côte. C’est cet esprit-là, celui d’un endroit où l’on se rassemble malgré les différences, que le lieu cherche à faire revivre au cœur de l’Anti-Atlas.
Mhamed est né au douar Azrowado, tout près de Tafraout, dans une famille modeste. Enfant, il n’avait pas grand-chose, sinon le paysage de granit rose et le souvenir des siens.
À six ans, on l’emmène à Tanger, où il fréquente le msid, l’école coranique du quartier. C’est le début d’une vie qui va l’éloigner longtemps de sa montagne.
Plus tard, il part en Belgique pour y suivre des études techniques. Il y restera cinquante-quatre ans : une vie de travail, loin du pays, mais sans jamais couper le fil qui le reliait à son village.
Ces années passées entre deux mondes lui ont appris une chose simple : ce qui sépare les gens compte bien moins que ce qui peut les rassembler.
De retour chez lui, Mhamed décide de bâtir un lieu à l’image de ce qu’il a compris au fil de sa vie : une maison ouverte, où chacun peut entrer sans qu’on lui demande sa religion, sa couleur ou ses idées.
Au fil du temps, il y rassemble des drapeaux venus du monde entier et des sculptures qui intriguent et font parler. Non pour trancher, mais pour ouvrir la discussion et rappeler que l’on peut vivre ensemble, différents et en paix.